De la durabilité du programme d’hydraulique villageoise dans la préfecture de Boffa

Depuis 2007, Charente Maritime Coopération (CMC) a développé un volet d’action en hydraulique villageoise dans la Commune Urbaine de Boffa et a appuyé la commune à créer un service de gestion de l’eau appelé Comité Paritaire de Gestion des Points d’Eau (CPGPE).

A l’occasion du lancement de ce programme l’ensemble du parc hydraulique fut réhabilité et est, depuis lors, maintenu en bon état de fonctionnement grâce à un service de maintenance.

Ce programme s’est avéré être une réussite, ce qui a poussé CMC à l’étendre sur d’autres collectivités. En février 2011, une mission du Syndicat des Eaux de la Charente Maritime a permis d’identifier les communes rurales cibles : Tougnifily et Tamita.

Après les phases de diagnostics complets des points d’eau et la signature d’une convention de partenariat avec UNICEF, la réhabilitation des points d’eau et la structuration de services communaux ont été lancé dès mars 2015 dans ces deux communes rurales, accompagné d’un programme de renforcement de capacité du CPGPE.

A l’heure actuelle, CMC appui financièrement et techniquement trois des huit communes de la préfecture de Boffa – représentant une gestion de 178 points d’eau pour 85’800 habitants avec comme objectif de les amener à être autonomes dans le cadre de la gestion de leur Service Public de l’Eau (SPE).

L’aspect durabilité est un des objectifs prioritaires de l’ONG Charente-Maritime Coopération dans la réalisation de ses actions.

 

A.     La durabilité à travers la gouvernance

gouvernance

  • Création d’Agences Communales de l’Eau (ACE) pour les trois communes d’intervention. Elles sont présidées par le maire de chaque commune qui est entouré de son conseil communal.
  • L’ensemble du parc hydraulique communal de Tamita et Tougnifily est réhabilité (soufflage et réparation des pompes) et intégré au service de gestion communal.
  • Sous l’Agence Communale de l’Eau sont créé des Unités de Gestion du Service Public de l’Eau (UGSPE) regroupant plusieurs points d’eau autour d’un comité.
  • Sur chaque point d’eau sont présents un fontainier et un hygiéniste, sensibilisés et formés aux bonnes pratiques de gestion.
  • Un service de maintenance est mis en place pour chaque Agence Communale de l’Eau avec un artisan-réparateur et un assistant préalablement formés, et avec la constitution d’un stock de pièces détachées.
  • La vente de l’eau au volume est instaurée (100 GNF/bidon).
  • Des objectifs de vente de l’eau sont fixés par points d’eau, dont 20% est rétrocédé au gestionnaire du point d’eau.
  • Une cotisation d’adhésion au service communal de 300’000 GNF par point d’eau est exigée.
  • Un compte épargne à double signature est ouvert et alimenté de façon permanente.
  • Un budget annexe au budget communal est créé pour chaque ACE.
  • La collaboration est permanente avec le SNAPE pour l’appui-conseil et le suivi technique des différents travaux.
  • Une tutelle des ACE est assurée par la Préfecture.
  • Le renforcement des capacités des élus, des services déconcentrés et des services techniques s’opère régulièrement (Service Public de l’Eau, finance public, réparation de pompe,…)
  • La pérennisation du suivi et de la gestion des stations de potabilisation de l’eau (Hydropur) présentes sur les territoires d’action est assurée par l’intégration d’un système de charge de téléphone permettant une présence constante du gestionnaire sur la station.
  • La sécurisation des recettes s’améliore grâce à la présence de compteur volumétrique sur les adductions d’eau créées et de capteur de débit sur les stations Hydropur.
  • Un suivi permanent des réparations, des stocks de pièces et des caractéristiques des forages est réalisé.

 

B.      La durabilité à travers la technique

technique

  • Le taux de couverture en points d’eau a été amélioré grâce à ce projet, passant de 1 point d’eau pour 636 habitants sur les trois communes à 1 point d’eau pour 484 habitants post projet.
  • Le taux de fonctionnalité du parc hydraulique est proche des 100% avec une réponse aux pannes de maximum une semaine.
  • Une adduction sur déferriseur a été réalisée pour desservir un poste de santé en bordure de bras de mer. Ce dernier ne pouvait ouvrir à cause de l’absence de point d’eau amélioré.
  • L’accès à l’eau potable a été amélioré sur une île de la Commune Urbaine de Boffa grâce à l’augmentation de la capacité de stockage d’eau de pluie.
  • Des adductions solaires permettent les diminutions du temps de puisage et de la pénibilité du service, la sécurisation des recettes, et cela à partir d’une source d’énergie renouvelable, le soleil.
  • Des stations de potabilisation d’eau de surface (Hydropur) permettent l’accès à une eau potable, les diminutions du temps de puisage et de la pénibilité du service, la sécurisation des recettes grâce à la transmission des mesures de débit par SMS, toujours à partir d’une source d’énergie renouvelable, le soleil.
  • Des puits équipés de pompes ont été réalisés dans des zones nécessiteuses ayant déjà répondu négativement à la foration (salinité).
  • La bonne conception d’ouvrage passe par la réalisation de cahiers des charges précis et validés par UNICEF, jusqu’au suivi rigoureux des réalisations d’ouvrages.

 

C.      La durabilité à travers la qualité de l’eau

qualite

  • Les adductions solaires et les stations Hydropur possèdent des boitiers de chloration automatique de l’eau. La solution chlorée est fabriquée sur place par électrolyse à partir de sel et d’eau avec l’énergie solaire.
  • Des déferriseurs sont construits sur les points d’eau présentant une concentration importante en fer.
  • L’eau de pluie recueillie dans les impluviums est traitée au chlore avant la distribution à la population.
  • Les responsables hydrauliques détachés par CMC auprès des communes ont été formés à l’analyse de la qualité de l’eau et à l’utilisation d’un kit de test.

 

D.     La durabilité à travers l’hygiène et l’assainissement

hygiene

  • Des périmètres de protection bétonnés ont été réalisés sur les points d’eau nécessiteux dus aux difficultés d’approvisionnement en bois, ou aux eaux de ruissèlement mettant en danger la superstructure du point d’eau.
  • Dans les autres cas, les populations sont incitées à construire des périmètres en bois et à ajouter un tapis de gravier pour améliorer l’hygiène et l’assainissement dans l’environnement du point d’eau.
  • Les gestionnaires des points d’eau sont formés aux bonnes pratiques d’hygiène et des tournées de sensibilisation sont régulièrement effectuées auprès des usagers.

 

12-soufflage-de-forage

 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s